LA COLOMBE DE GOUNOD

Opéra comique de Charles Gounod sur un livret de Barbier et Carré.
Création au Théâtre de Baden-Baden, le 6 août 1860
Acte 1. Une petite chaumière près de Florence
Mazet, valet d'Horace qui a perdu sa fortune, chante des couplets à la colombe qu'il est en train de nourrir (romance: "Apaisez blanche colombe"). Maître Jean, majordome de la comtesse Sylvie, arrive dans l'intention d'acheter l'oiseau pour elle. Mazet explique que la colombe est capable de faire des prouesses en tant que messagère et qu'il tentera de convaincre son maître de la vendre. Malgré l'indigence dans laquelle il vit - et au grand étonnement de maître Jean - Horace ne peut se départir de son animal préféré (romance et trio: "Qu'il garde son argent") qui lui rappelle Sylvie. Maître Jean apprend toutefois qu'Horace en est toujours amoureux et s'empresse de le lui rapporter. Il suggère à Sylvie de tenter d'acheter elle-même la colombe ; elle hésite, mais, réfléchissant jalousement au splendide perroquet de sa rivale en société, Amynte, elle accepte l'idée de maître Jean. Seule, Sylvie exprime sa confiance dans le pouvoir de l'amour qui amènera Horace à lui laisser son oiseau (air: "Je veux interroger ce jeune homme"). Le fait de recevoir Sylvie met Horace au comble de la joie ; elle annonce promptement qu'elle restera dîner (quatuor: "O douce joie").
Acte II. Même lieu, même décor
Maître Jean s'est porté volontaire pour préparer le repas et chante l'art culinaire (air: "Le grand art de cuisine"). Mazet revient du marché les mains vides, les fournisseurs refusant de faire encore crédit à Horace. Après une longue discussion avec maître Jean sur la meilleur façon de servir divers plats qui sont évidement impossibles à préparer en raison des circonstances, Horace et Mazet mettent la table et décident de tuer la colombe afin d'offrir un repas (duo: "Il faut d'abord dresser la table"). Entre-temps, Sylvie est assaillie de tendres pensées pour Horace (romance: "Que de rêves charmants". Ils s'assoient pour dîner et, au moment où Sylvie demande sa colombe à Horace, il lui révèle qu'elle a été tuée. Mazet paraît avec un oiseau rôti ; toutefois, au soulagement général, il ne s'agit pas de la colombe, mais du perroquet d'Amynte qui s'était échappé un peu plus tôt. Sylvie se réjouit de savoir la colombe d'Horace encore en vie, car elle lui rappellera toujours son amour. Happy end.
Direction musicale : Françoise Tillard
Mise en scène : Renaud Boutin
Costumes : Benjamin Clée
Sylvie, soprano : Bénédicte Hilbert
Horace, ténor : à distribuer
Mazet, dugazon : Clémentine Bourgoin
Maître Jean, baryton : Renaud Boutin
Piano : Françoise Tillard
Violoncelle : Silvia Lenzi
Note de mise en scène
La Colombe
Un conte moral.
Lui se ruine pour elle, continue de la chérir dans la pauvreté à travers une colombe savante à laquelle il a donné son nom à elle: le nom de Sylvie.
Colombe symbole de l'amour profond et sincère.
Elle a choisi la richesse et le pouvoir de la femme-objet de luxe, mais victime de la mode et du temps, elle a besoin de la colombe pour raviver la curiosité à son endroit et maintenir son rang social, sa séduction a besoin de prothèse.
Colombe réduite à l'animal savant, gadget publicitaire, arme.
Tous se perdent dans leurs obsessions.
Horace dans la compagnie de l'oiseau simulacre de Sylvie, dans une sois–disant haine des femmes, Sylvie dans la peur de la déchéance, Mazet dans une identification à son maître et sa haine des femmes dans laquelle il croit se construire, Maître Jean enfin dans sa nostalgie culinaire expression de sa peur du temps qui passe et qui change.
Parce que c'est un conte, les états psychologiques, les angoisses sociales, les peurs, les colères sont une malédiction, un sort qui place chacun hors de sa vérité.
La colombe en sacrifice car il faut bien que quelqu'un-quelque-chose meure pour que le temps de la sincérité, de la vérité renaisse.
Elle veut la colombe-Sylvie; elle se trouvera elle même.
Il veut la contemplation de la Sylvie-simulacre à plumes; il trouvera la vraie Sylvie.
Parce que c'est un conte,
Centrer les personnages sur certains traits précis (postures, regards, déplacements) pour que les confrontations soient claires. Caractériser leurs mondes par les costumes (Sylvie et maître Jean doivent apparaître comme improbables). Nourrir les tragédies des quatre personnages sous une apparente, légère simplicité.
Sur des bases simples, trouver le balancement entre le vrai et le leurre.

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