LE PIANO D’ACCOMPAGNEMENT

Le  piano  d’accompagnement
La conjonction des termes « piano d’accompagnement » fait partie des raccourcis de la langue des musiciens. Ce raccourci recouvre des contradictions qui rendent la définition de cette notion bien difficile. Pourquoi est-il nécessaire de joindre les deux termes « piano » et « accompagnement » ? Cependant il existe des pianistes qui se disent accompagnateurs, de même qu’il existe des classes d’accompagnement spécifiquement pour pianistes. Il semble donc pertinent de tenter d’éclaircir cette notion et de voir comment la pratique de l’accompagnement est vécue en France au début du XXIe siècle.
A l’heure actuelle, le niveau des classes d’accompagnement monte sans cesse ; elles sont même un signe d’excellence pour les écoles qui les accueillent. Les accompagnateurs ne sont pourtant pas traités dans les écoles à l’égal des professeurs, mais plutôt comme une boîte à musique, un objet un peu magique que l’on ouvre ou que l’on ferme. Cette attitude dénonce une méconnaissance profonde de la musique et renforce le flou dans lequel le « piano d’accompagnement » est tenu. Est-ce difficile ou est-ce facile ?
Le terme « accompagnement », nous en sommes tous conscients, a énormément évolué pendant ces deux, presque trois derniers siècles. La signification de ce mot est tellement liée à la pratique musicale qui s’y rattache, pratique qui elle-même ne s’appuie pas tellement sur la précision du langage parlé, qu’il est difficile de s’apercevoir du moment exact où il a changé de sens, en suivant une pratique qui elle-même évoluait, et même du glissement sémantique qui s’est produit autour de son usage.
Puisqu’il s’agit d’abord de définition, j’ai regardé dans le Grove. J’y ai trouvé deux entrées, « Accompanied keyboard music » et « Accompaniment ». Dans l’article « Accompaniment » (accompagnement), l’auteur, David Fuller, nous fait passer en quelques phrases du claquement de mains soulignant une chanson populaire à l’art de Gerald Moore, en évoquant au passage Bach et Schoenberg. Il nous fait bien remarquer qu’écrire une histoire de l’accompagnement reviendrait à écrire une histoire de la musique en coupant les cheveux en quatre de façon stérile. En effet, déclarer qu’une partie de la musique serait moins importante qu’une autre reviendrait à se demander pourquoi elle a été écrite. Ce qui est essentiel ne saurait-il se suffire à lui-même ? Si l’accompagnement est inessentiel, voire redondant, autant chanter a cappella.

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