Le Delaunay-Belleville

Dimitri Chostakovitch, Vincent Bouchot, Maurice Ravel

Le 29 janvier 2016 à 20h.
Espace Quartier Latin, 37 rue Tournefort, 75005 Paris
Françoise Masset, soprano
Françoise Tillard, piano
Thierry Maurin, violon
Silvia Lenzi, violoncelle

Dimitri Chostakovitch (1906-1975), Sept Poèmes d’Alexander Blok op.127

Maurice Ravel (1875-1937), Trio en la

Vincent Bouchot (1966), A un Papa, création, sur un texte de Pasolini

Le point de départ de ce concert, c’est le désir des musiciens de jouer et chanter la suite de romances que Chostakovitch (1906-1975) a écrit sur sept poèmes d’Alexander Blok. C’est une musique qui ne ressemble à aucune autre, à la fois exigeante, violente, planante… L’œuvre a été écrite et créée par la cantatrice Galina Vichnevskaïa, le violoniste David Oïstrakh, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch et le pianiste Mieczysław Weinberg, lui aussi compositeur génial qui fera l’objet d’un futur concert Parole et Musique.
Cette œuvre mythique a motivé le compositeur Vincent Bouchot (né en 1966 à Toulouse) à écrire lui aussi une œuvre pour cette formation un peu inhabituelle : voix et trio piano, violon et violoncelle. Il s’est inspiré d’un thème de Chostakovitch tiré de laSuite sur des Poèmes de Michelangelo et s’en est servi comme d’une basse obstinée pour illustrer un poème de Pasolini, A un Papa. Titre à lire avec l’accent italien ! Il s’agit d’une attaque virulente contre le Pape Pie XII. A un Papa sera créé le 29 janvier, ne manquez pas cet événement !
Entre les deux œuvres chantées par la soprano Françoise Masset, le Trio Fanny Hensel jouera le Trio en la de Maurice Ravel, œuvre dont nous fêterons les 101 ans. Un peu plus d’un siècle, ce n’est pas trop pour fouiller tous les mystères et les beautés de cette pièce imaginative et dense dans laquelle Ravel a voulu mettre toute sa science et avec laquelle il voulait défendre la civilisation attaquée par une épouvantable guerre.
Maintenant, sur quel piano jouer toute cette musique ? Aujourd’hui, le temps est passé où les pianistes jouaient volontiers sur un instrument totalement anachronique, fruit d’une standardisation et d’une course à la surpuissance. Le piano de ce concert est un Erard récemment restauré par Jean-François Tobias sous l’égide de l’Association Fan d’Erard. C’est un piano de concert aux cordes parallèles datant de 1912. Parfait pour Ravel ! Chostakovitch y est tout à fait idiomatique car Erard possède la sonorité de la vieille Europe, et Vincent Bouchot, formé aux musiques baroque et renaissance autant qu’à Debussy, Ravel ou Milhaud, y sonne bien plus à l’aise que sur n’importe quel piano japonais.
Venez nombreux !

Le texte est le coeur même de la musique