La Colombe, pocket opera

La Colombe

Opéra comique de Charles Gounod sur un livret de Barbier et Carré.
Création au Théâtre de Baden-Baden, le 6 août 1860

Production de l’Atelier lyrique de Franche-Comté.
Représentée à Arc et Senans et Voray sur l’Ognon les 15 et 16 août 2007.
Reprise par Parole et Musique pour deux représentations parisiennes en mars 2009.

Acte 1. Une petite chaumière près de Florence
Mazet, valet d'Horace qui a perdu sa fortune, chante des couplets à la colombe qu'il est en train de nourrir (romance: "Apaisez blanche colombe"). Maître Jean, majordome de la comtesse Sylvie, arrive dans l'intention d'acheter l'oiseau pour elle. Mazet explique que la colombe est capable de faire des prouesses en tant que messagère et qu'il tentera de convaincre son maître de la vendre. Malgré l'indigence dans laquelle il vit - et au grand étonnement de maître Jean - Horace ne peut se départir de son animal préféré (romance et trio: "Qu'il garde son argent") qui lui rappelle Sylvie. Maître Jean apprend toutefois qu'Horace en est toujours amoureux et s'empresse de le lui rapporter. Il suggère à Sylvie de tenter d'acheter elle-même la colombe ; elle hésite, mais, réfléchissant jalousement au splendide perroquet de sa rivale en société, Amynte, elle accepte l'idée de maître Jean. Seule, Sylvie exprime sa confiance dans le pouvoir de l'amour qui amènera Horace à lui laisser son oiseau (air: "Je veux interroger ce jeune homme"). Le fait de recevoir Sylvie met Horace au comble de la joie ; elle annonce promptement qu'elle restera dîner (quatuor: "O douce joie").

Acte II. Même lieu, même décor
Maître Jean s'est porté volontaire pour préparer le repas et chante l'art culinaire (air: "Le grand art de cuisine"). Mazet revient du marché les mains vides, les fournisseurs refusant de faire encore crédit à Horace. Après une longue discussion avec maître Jean sur la meilleur façon de servir divers plats qui sont évidement impossibles à préparer en raison des circonstances, Horace et Mazet mettent la table et décident de tuer la colombe afin d'offrir un repas (duo: "Il faut d'abord dresser la table"). Entre-temps, Sylvie est assaillie de tendres pensées pour Horace (romance: "Que de rêves charmants". Ils s'assoient pour dîner et, au moment où Sylvie demande sa colombe à Horace, il lui révèle qu'elle a été tuée. Mazet paraît avec un oiseau rôti ; toutefois, au soulagement général, il ne s'agit pas de la colombe, mais du perroquet d'Amynte qui s'était échappé un peu plus tôt. Sylvie se réjouit de savoir la colombe d'Horace encore en vie, car elle lui rappellera toujours son amour. Happy end.

Direction musicale : Françoise Tillard
Mise en scène : Paul-Alexandre Dubois
Mobilier : Didier Boulais
Costumes : Benjamin Clée, régie Isabelle Lauranceau.

Sylvie, soprano : Karine Godefroy/Elsa Tirel
Horace, ténor : Jean Delescluse
Mazet, mezzo : Isabelle Sengès/Séverine Etienne-Maquaire
Maître Jean, baryton : Paul-Alexandre Dubois
Piano : Françoise Tillard
Violoncelle : Silvia Lenzi

Note de mise en scène

La Colombe
Un conte moral.
Lui se ruine pour elle, continue de la chérir dans la pauvreté à travers une colombe savante à laquelle il a donné son nom à elle: le nom de Sylvie.
Colombe symbole de l'amour profond et sincère.
Elle a choisi la richesse et le pouvoir de la femme-objet de luxe, mais victime de la mode et du temps, elle a besoin de la colombe pour raviver la curiosité à son endroit et maintenir son rang social, sa séduction a besoin de prothèse.
Colombe réduite à l'animal savant, gadget publicitaire, arme.
Tous se perdent dans leurs obsessions.
Horace dans la compagnie de l'oiseau simulacre de Sylvie, dans une sois–disant haine des femmes, Sylvie dans la peur de la déchéance, Mazet dans une identification à son maître et sa haine des femmes dans laquelle il croit se construire, Maître Jean enfin dans sa nostalgie culinaire expression de sa peur du temps qui passe et qui change.

Parce que c'est un conte, les états psychologiques, les angoisses sociales, les peurs, les colères sont une malédiction, un sort qui place chacun hors de sa vérité.
La colombe en sacrifice car il faut bien que quelqu'un-quelque-chose meure pour que le temps de la sincérité, de la vérité renaisse.
Elle veut la colombe-Sylvie; elle se trouvera elle même.
Il veut la contemplation de la Sylvie-simulacre à plumes; il trouvera la vraie Sylvie.

Parce que c'est un conte,
Centrer les personnages sur certains traits précis (postures, regards, déplacements) pour que les confrontations soient claires. Caractériser leurs mondes par les costumes (Sylvie et maître Jean doivent apparaître comme improbables). Nourrir les tragédies des quatre personnages sous une apparente, légère simplicité.
Sur des bases simples, trouver le balancement entre le vrai et le leurre.

Paul-Alexandre Dubois

Histoire de notre Colombe et de ses interprètes

Cette production de la Colombe a vu le jour en Franche Comté. C’était un vieux rêve… faire revivre cette partition et ce livret exceptionnellement charmants, faits pour plaire à petits et grands, mélomanes avertis et grand public.

L’association Parole et Musique dirigée par Françoise Tillard reprend cette production de l’Atelier lyrique de Franche Comté dans le cadre sympathique de la Mairie du XIVe arrondissement qui ouvre ainsi la salle de son annexe vers le monde lyrique. L’arrangement pour piano et violoncelle permet de se produire dans ce lieu inhabituel et de se rapprocher ainsi d’un public auquel les grandes salles font peur.

Karine Godefroy (Sylvie), soprano, après une maîtrise de lettres à la Sorbonne, a fait ses études de chant à la Guildhall School of Music de Londres. Depuis, elle interprète avec le même bonheur musiques baroque, contemporaine et lyrique où elle chante aussi bien les rôles de jeune première que les rôles de caractère.

Elsa Tirel (Sylvie), soprano, sortie du CNSM diplômes en poche en 2007, interprète depuis avec le même bonheur Mozart, Humperdinck, Jolivet et Isabelle Aboulker. Le jazz l’attire autant que le lyrique et l’oratorio, venant compléter avec bonheur sa musicalité.

Originaire de Lyon, Jean Delescluse (Horace) débute au sein de l’atelier lyrique puis de la troupe de l’Opéra National de sa ville natale en 1992. Il y interprète de nombreux rôles durant cinq saisons. Il poursuit depuis lors une carrière de ténor tant en France qu’à l’étranger et s’est illustré dans de nombreuses productions d’opéras. Très attaché au répertoire des mélodies françaises, notamment grâce à son complice Alexandre Tharaud, Jean Delescluse se produit très régulièrement en récital.

Isabelle Sengès (Mazet), mezzo-soprano. Elle commence le chant en 1993 au conservatoire Claude Debussy à Paris et suit les cours de Hubert Weller dès 1995. Elle obtient en juin 1996 un premier prix de chant à l’unanimité au CNR de Paris. Elle chante depuis les plus grands rôles du répertoire (Carmen), et se prodigue du baroque au contemporain.

Séverine Etienne-Maquaire (Mazet), mezzo-soprano. Cette toute nouvelle recrue du monde lyrique a étudié le chant avec M. Alcantara parallèlement à une maîtrise en Sorbonne de lettres et d'italien. En 2008, elle obtient un master 2 « Art du Récital » avec F. Tillard. Elle est clairement un emploi « à pantalon » et doit prochainement chanter Siebel à Herblay.

Paul-Alexandre Dubois (Maître Jean et metteur en scène). Après ses études de chant au CNSM de Paris, Paul-Alexandre mène une carrière dans tous les domaines où il peut montrer sa créativité, en particulier dans le baroque et le contemporain. Il est un pilier de la Péniche Opéra et de l’Atelier lyrique de Franche Comté, où il chante, joue et met en scène…

Françoise Tillard (piano, direction musicale) s’est spécialisée dans le domaine du Lied et de la mélodie, vient de fonder le Trio Fanny Hensel, du nom de la compositrice dont elle a écrit la biographie (Editions Symétrie) et dirige en Sorbonne un master « Art du Récital ». Elle s’attache à faire redécouvrir des œuvres méconnues (Cendrillon de Pauline Viardot, la Esmeralda de Louise Bertin…) dans le format « opéra de poche ».

Silvia Lenzi (violoncelle) Après ses études de violoncelle en Italie, à Salzbourg puis à Moscou, Silvia s'installe à Paris où elle se partage entre le violoncelle moderne, le violoncelle baroque et la viole de gambe en interprétant les répertoires de toutes les époques en ensemble et en soliste. Elle est membre du Trio Fanny Hensel.